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Vélotypiste – Affûter ses talents pour vaincre l’intelligence artificielle

Le métier de vélotypiste est rare, peu connu du grand public. Pour ce nouvel épisode de notre série « A la découverte de la formation en situation de travail », Mille &1 Formations vous emmène chez Système Risp, la seule entreprise française de vélotypie, c’est-à-dire de sous-titrage en direct, à la vitesse de la parole, au moyen du clavier Velotype. Nous y avons rencontré les deux derniers collaborateurs intégrés en date, Marie-Laure et Nicolas.

Chaque parcours de formation est singulier et suscite chez nous de nouvelles réflexions. En suivant Marie-Laure et Nicolas dans leur apprentissage de leur nouveau métier, nous nous sommes interrogés sur la relation entre la formation en situation de travail et l’intelligence artificielle. Explications.


C’est quoi la vélotypie ?

La vélotypie consiste à sous-titrer des interventions orales (conférences, réunions, sessions parlementaires…), en direct, à destination d’un public de personnes sourdes et malentendantes. Pour ce faire, les vélotypistes doivent apprendre à maîtriser un clavier syllabique inédit, qui leur permet de taper à la vitesse de la parole, le Velotype. L’acquisition de cette compétence est centrale dans leur parcours de formation.

Pour autant, la vélotypie n’est pas réductible à la restitution brute d’un discours à l’écrit.


Un référentiel de compétences qui va bien au-delà de la maîtrise du clavier

Le métier de vélotypiste est si confidentiel qu’il n’existe pas de formation initiale pour l’apprendre. C’est pourquoi Système Risp a choisi la transmission des savoirs en interne, par la formation en situation de travail, pour former ses collaborateurs. C’est Mille &1 formations qui en assure la maîtrise d’oeuvre.

Au cœur des compétences à maîtriser pour le vélotypiste, il y a bien sûr la vitesse de frappe. Le parcours de formation inclut donc de nombreux entraînements destinés à faire gagner les collaborateurs en dextérité sur leur clavier, dont ils doivent frapper plusieurs touches simultanément pour composer les syllabes (à l’instar d’un pianiste qui active plusieurs notes en même temps pour composer un accord). L’objectif est d’améliorer la mémoire proprioceptive (en l’occurrence, mémoire de la position des doigts sur le clavier) pour améliorer sa rapidité et être en mesure de produire les sous-titrages à la vitesse de la parole d’un orateur.

Mais ce n’est pas tout. La vélotypie, de la même manière que l’interprétation d’une conférence d’une langue source à une langue cible, suppose des choix et des adaptations. Comme tout interprète, le vélotypiste a pour mission de restituer la parole sans décalage dans le temps, et le plus fidèlement possible. Il doit identifier les mots parasites, les laisser de côté pour gagner en rapidité et en sens, et reformuler certains passages, trop longs pour être transcrits tels quels, ou inadaptés au medium écrit.

Cette part de subjectivité du vélotypiste, qui donne de la valeur à sa prestation, suppose des compétences d’une tout autre nature que la maîtrise technique de l’outil. C’est pourquoi le référentiel de compétences que nous avons construit pour Marie-Laure et Nicolas comporte des items en relation avec la culture générale et la maîtrise de la langue française. D’autant que les vélotypistes interviennent dans des conférences dont les sujets sont extrêmement variés. Plus ils travaillent leur culture générale, et plus ils ont de chances de s’approprier rapidement le sujet de la conférence, d’être à l’aise dans leur prestation et de faire le meilleur sous-titrage possible.

 

Analyser le travail pour faire ressortir les talents

En suivant Marie-Laure et Nicolas, nous avons en fait mesuré la progression de leur talent. Et ce talent ne se résume pas à la vitesse de frappe.

On serait tenté de pensera priorique la reconnaissance vocale est une modalité parfaitement équivalente, voire plus performante, de transcription de discours. On découvre en se penchant sur le parcours de formation des vélotypistes que le travail de l’homme ajoute une dimension essentielle à la prestation. Le vrai talent du vélotypiste, c’est son sens de l’écoute, son sens des mots et de la phrase juste. Là où un logiciel de reconnaissance vocale calquerait l’écrit sur l’oral, le Velotype fait preuve de discernement et d’adaptation. Non seulement certaines erreurs (confusion entre homophones, par exemple) sont évitées, mais en plus le vélotypiste ajoute sa couleur, sa patte, son style. Cela vaut également pour la traduction d’une langue à l’autre. Faites traduire un texte à Google traduction, et vous comprendrez rapidement que les traducteurs professionnels ont encore de beaux jours devant eux.

Quand Mille &1 Formations accompagne à la mise en œuvre de la formation en situation de travail, l’une de ses premières missions est d’analyser le travail, pour cibler les compétences qui en font l’essence et bâtir à partir de là les séquences pédagogiques du parcours de formation. Si la formation n’était qu’un entraînement, elle consisterait à répéter les gestes jusqu’à les exécuter le plus rapidement possible pour une main d’homme. Et dans ce combat, l’homme perd à chaque fois face au robot. Mais dès lors que la formation – et c’est le cas de la formation en situation de travail -, consiste à analyser le travail pour mieux le comprendre, elle révèle tout ce qui en est singulier, donc tout ce qui n’est pas réductible à la machine.

L’analyse du travail, catalyseur du talent humain ? Le débat est ouvert.

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